About the Artist

Ana Paula Portilla - Biography

Ana Paula Portilla / EcoPola Art

Ana Paula Portilla développe une œuvre plastique riche et plurielle, mêlant peinture, installation, art textile et expérimentations. Elle explore des matériaux singuliers — peau, pigments rares, fibres, pierres, plumes — selon les nécessités expressives de chaque série, naviguant entre réalisme, expressionnisme et pratiques textiles et organiques.

Son travail interroge des territoires sensibles ou se rencontrent le féminin, le sacré, la mémoire, la nature et les éléments. Portée par une pulsion intuitive, presque préhistorique, elle traverse les liens intemporels entre le corps et le monde. Vision, toucher, odorat deviennent vecteurs de création dans une esthétique sensorielle et psychique ou le temps se suspend, où le corps devient surface de projection, mémoire et matière.

Ses installations atteignent une dimension immersive et rituelle. Mon Autre Peau propose un voyage au cœur de nos désirs inconnus, une traversée des déguisements imposés par la culture pour atteindre l’endroit le plus sûr et vrai : une autre peau, intime et tengible. Mamaraña Las Piedras déploie une catharsis collective ou chaque pierre textile propose une émotion incarnée, déposée dans l’espace comme organisme sensible. Terminal de Despegue ouvre quant à lui un seuil symbolique entre ombre, envol et projection. Ces œuvres ne sont pas des objets à contempler, mais des expériences à traverser, ou le spectateur devient acteur d’un rituel personnel et singulier.

Inscrite dans une recherche d’Art Total, Portilla fait dialoguer picturalité et musique contemporaine, notamment à travers ses collaborations avec le compositeur Gérard Pape, au sein du Centre de Création Musicale Iannis Xenakis, où elle a dirigé des projets mêlant arts visuels, son et performance. Ses pièces interrogent la représentation des émotions et le climat intérieur des affects — brises, orages, brouillards, tempêtes, éruptions — posant la question de ce que nous laissons dans le monde… et de ce que le monde imprime en nous.

Depuis quelques années, un retour affirmé à la peinture traverse sa démarche : un geste patient, fait main, inscrit dans le temps long du corps à l’ouvrage. Chaque trace picturale devient sillon, écriture silencieuse, ligne déposée dans une filiation lacanienne du “trait” qui émerge d’un vide signifiant.

 

PRINCIPALES EXPOSITIONS (sélection)

  • Musée des Arts Derniers – ARTCITE : En Exil – Fontenay-sous-Bois, France – octobre 2025
  • Musée CECUT – Trienal Pictórica II : Terminal de Despegue – Tijuana, Mexique – jul. 2024 à mars 2025
  • MAC Musée de Arte Contemporáneo SLP : Deposítate aquí (expo. personnelle) – SLP MX–juin 2024
  • Musée Leonora Carrington : Mamarañas y otras pulsiones (exposition personnelle) – SLP MX – 2024
  • Musée d’art de Sonora : (Re)generando… narrativas e imaginarios – Mexique – oct. 2022 à avril 2023
  • Musée Kaluz : (Re)generando… narrativas e imaginarios – Mexico City– oct. 2022 à avril 2023
  • Musée CECUT – Trienal Internal.Pictórica I : Mamaraña las Piedras – Tijuana, MX – oct. 21 à fév. 2022
  • Matriz Woman Artists – Exposition VR : WE ARE (curatrice et organisatrice) – en ligne – mars 2020
  • Solidaridad – Prix Municipal de Arte y Cultura : 2ème prix – Playa del Carmen, Mexique – 2020
  • Ritz Carlton – Proyecto Esperanza : Art Auction (curatrice) – Cancún, Mexique – nov. 2019
  • Svilara Kulturna Stanica – Gala International Symposium – Novi Sad, Serbie – Sept. 2019
  • Halle Roublot – ARTCITE : ArtCité 18 ans – Fontenay-sous-Bois, France – 2019
  • Musée de la Isla Cozumel – Galería del Encuentro : Corazón Pulso y Resonancia – Mex. juin 2019
  • Musée de la Isla Cozumel– Galería Extramuros : Presences – Cozumel, Mexique – nov. 2018
  • Kúpula Arte – Simposio Internacional : El ombligo de la Luna – Mexico City, Mexique – mai 2018
  • Galería 18 & Arthumus : Mira Cuántas Somos (curatrice) – Playa del Carmen, Mexique – mars 2018
  • Galería Arthumus : Naufragas – Playa del Carmen, Mexique – 2017
  • Institut Culturel du Mexique : Chimères Migrantes – Paris, France – fév.–mars 2014
  • Museo del Marqués de Valdecilla : Un retorno a la tierruca (expo. personnelle) – Santander, Esp – 2014
  • Liveaqua Bosques : Eléments choisis (exposition personnelle) – Mexico City, Mexique – 2013
  • Centre Culturel Ch. Peugeot : Une exposition pas très orthodoxe (Gregor Podgorski) – Paris, France 2013
  • Soho Art Gallery : Art in Translation – Osaka, Japon – 2013
  • Salon Tous à l’art : Mère perdue / Perdue en mère – Nice, France – 2012
  • Galleria Opio 5 : Mater Extensa – Montepulciano, Italie – avril 2012
  • Institut Culturel du Mexique : Rencontre d’artistes plasticiens mexicains résidant en France – Paris, France – mai–juin 2012
  • La Casa del Tiempo – UAM Bienal Internacional de Arte Textil Contemporáneo : Mágico Textil – Mexico, Mexique – mai–juin 2011
  • Grand Palais – Salon Comparaisons, Art en Capital – Paris, France – nov. 2010 & 2008
  • Musée National de Damas : Regards croisés – Damas, Syrie – 2009
  • Institut du Monde Arabe : Regards Croisés – Paris, France – 2008
  • Galerie du CROUS – EnVie : Un dialogue du corps vécu… (expo. personnelle) – Paris, France – 2007
  • Galerie l’Arche de Morphée : La Mort Transfigurée – Paris, France – 2006
  • Kultur im Körnerkiez : Haus-Löffel / Pheromones – Berlin, Allemagne – Matriz, 2006
  • Maison de la Poésie – Théâtre Molière : Opéra Les Cenci (scénographie, vidéo, costumes) – Paris, 2005
  • Casa de la Cultura de Tlalpan : De carne y de sangre (curatrice) – Mexico City, Mexique – 2004
  • Maison de l’Amérique Latine : MeXXico – Paris, France – 2004
  • Société des Artistes Français : Salon au Parc de Vincennes – Paris, France – 2004
  • Salle de la Légion d’Honneur – Printemps des Poètes : Lilith8 – St-Denis, France – 2003
  • Agora Gallery : Intimate – New York, USA – 2001
  • Centre Culturel Aragon-Triolet – Salon de Mai – Orly Ville, France – 2001
  • Engine 27 – EMF Electronic Music Fondation : My Other Skin (expo. personnelle) – New York, 2001
  • Patronato de Cultura de Pozuelo : InSolaciones (exposition personnelle) – Madrid, Espagne – 1996
  • Estudio Salvador Novo : Y efectivamente se reencuentran – Mexico City, Mexique – 1995
  • Université ITAM : exposition personnelle – Mexico City, Mexique – 1994
  • Facultad de Derecho UNAM : expositions personnelles – Mexico City, Mexique – 1994 & 1995
  • Universidad Iberoamericana : 40 años del departamento de Arte UIA – Mexico City, Mexique – 1993

 

COLLECTIONS PUBLIQUES

  • Musée Kaluz, Mexico City, Mexique– Musée d’art mexicain moderne et contemporain.
  • Muséee Leonora Carrington, SLP, Mexique
  • Museo del Marqués de Valdecilla, Cantabrie, Espagne
  • Museo de la Isla de Cozumel, Quintana Roo, Mexique
  • Collection ArtCité, Fontenay-sous-Bois, France
  • Collections privés en France, Espagne, Mexique, USA, Allemagne, Australie, Serbie et Suisse

STATEMENT

Mon œuvre se déploie comme un rituel artistique où la mémoire, le corps et la matière s’entrelacent. J’y transforme les émotions et pensées complexes en espace vécu, en poésie visuelle et en partage humain. La matière devient organisme, l’espace devient un possible, et chaque pièce, chaque empreinte, chaque souffle ouvre un seuil : là où l’invisible affleure, là où le réel insiste, là où le désir circule.

 

Mon art est une forme d’antidote à la condition humaine au sens large (vulnérabilité fondamentale) : il refuse les structures qui veulent nous faire croire qu’il n’existe qu’une seule manière d’être au monde. En tant que femme, cette violence est encore plus cruelle, dévastatrice même, mais c’est de là que je puise ma nécessité d’art. Je crée pour la souveraineté, pour la réparation, pour la liberté. Je n’ai pas choisi d’être artiste: c’est irrévocable et irréductible. L’art m’habite comme une peau qui ne se détache pas. C’est ma condition d’exister, de vivre en conscience, de me reconstruire à toutes les étapes de ma vie, avec chaque cellule qui me compose en perpétuel changement. Rien n’est jamais acquis une fois pour toutes. D’une certaine manière, l’art n’est pas là pour faire sens mais pour rappeler que nous sommes bien plus qu’un carnet d’identité, qu’un âge, qu’une classe, qu’un état civil ou qu’une époque figée. L’art témoigne que nous sommes les mêmes depuis les cavernes : porteurs de gestes, de désirs et de traces qui traversent le temps.

 

Je ne m’interdis rien : je transforme la matière que l’on croit insignifiante en œuvres et en pensée. C’est une philosophie par l’art, où le geste devient souffle de vie, une liberté intime offerte à la singularité de chacun.

 

Je suis exigeante dans ma pratique : chaque œuvre  est le fruit d’un long apprentissage et d’une étude approfondie des matériaux, techniques et sources de réflexion. Ma main porte la mémoire d’une longue expérience, je façonne avec patience et savoir (et ça-voir aussi), où se déposent des années de recherches. Cette rigueur technique et intellectuelle est indissociable de la dimension poétique et sensible de mon œuvre.

 

Autrefois, on nous exigeait de choisir la discipline : « je suis peintre, je suis sculpteur… » Puis est venue l’ère des artistes contemporains, nous soumettant à un art financier impossible, une époque qui nous a parfois condamnés à errer, à crever de faim, à nous perdre tantôt relégués au rang d’indépendants avec exigence de chiffre et production acharnée ou d’artisans invisibles ou innécessaires, tantôt élevés au statut réservé aux castes privilégiées du 1 %. La plupart des artistes, nous avons été effacées et divisées entre marginalité et sacralisation, mieux : conceptuels. À qui pourra survivre! L’art, comme la vie, l’amitié ou le don de soi échappent  à la logique de la rentabilité.

 

Mon œuvre ne se réduit pas à une discipline : elle est traversée par la souveraineté et la nécessité. Je vis, je crée, je suis indépendante, irrémédiablement artiste… éplumée. Je fais ce qui est nécessaire pour survivre : créer.

 

Dans un monde que la globalisation générique et l’industrialisation veulent uniformiser pour mieux  nous reigner, l’art nous sauve : il redonne souffle à la singularité, il transforme l’insignifiant en force, il rappelle que nous sommes vivants, irréductibles, traversés par la vie et le désir, et que les rencontres existent : l'humain, œuvres , pensées , émotions, émois, joies…

 

Ana Paula Portilla

Décembre 2025